« Il nous reste la transition économique à réussir » (Fadhel Abdelkefi)

« Il nous reste la transition économique à réussir » (Fadhel Abdelkefi)

Maghreb Emergent
« Il nous reste la transition économique à réussir » (Fadhel Abdelkefi)

 

 

Fadhel Abdelkefi,  ministre tunisien du développement et de l'investissement nous parle de la situation dans laquelle se trouve actuellement son pays mais surtout des  défis qui restent encore à relever.

 Maghreb émergent : Cela fait presque une année que vous êtes au gouvernement. A votre arrivée, la crise battait son plein. Depuis, la situation s’est-elle débloquée ou s’est-elle plutôt compliquée?

 

Fadhel Abdelkefi : La situation de la Tunisie s’est beaucoup améliorée sur le plan sécuritaire grâce à une coopération étroite avec plusieurs pays ; notamment l’Algérie. La sécurité est un socle important.  Sur le plan politique, la situation s’est également améliorée. Aujourd’hui, nous sommes dans uns stabilité politique certaine. Nous avions un gouvernement d’union national issu d’un dialogue national qui repose sur un socle, le document de Carthage, qui représente une garantie de stabilité politique. Nous avons, par ailleurs, enregistré un frémissement positif de la situation économique qui est le corollaire du retour à la sécurité et la stabilité politique. Nous avons en effet connu un taux de croissance de 2.1% d’année en année  et de 0.9% durant le premier trimestre de l’année 2017.  Nous prévoyons aussi une bonne année touristique grâce, notamment à nos frères Algériens. Il y a enfin le retour à la production du phosphate qui commence à fonctionner à un rythme normalisé.  Nous nous attendons à une saison agricole meilleure par rapport à celle d’avant. Bien sûr, en matière de perception et de crédibilité, la Tunisie commence à revenir sur la scène internationale. Grosso modo, la situation s’améliore et elle reste relativement fragile sur le plan économique. La lutte contre le terrorisme est une lutte permanente et la guerre économique est aussi une guerre de tous les jours. Nous travaillons à réussir cette reprise économique et à la consolider.

 

 

Les solutions préconisées par votre gouvernement pour parer à la crise suscitent-elles l’adhésion espérée auprès des acteurs économiques, sociaux et, plus généralement, de la population ?

 

Il y a uns sondage qui vient d’être fait et qui montre clairement que la population soutient le Chef du gouvernement Youssef Chahed ; dans l’essentiel de ce qu’il a entrepris sur les plans politiques, économique ; notamment la lutte contre la corruption. Le gouvernement a aussi l’appui des principales organisations nationales, notamment les syndicats des travailleurs et le syndicat des patrons.  Ceci dit, un soutien ne devrait pas nécessairement porter sur tous les points. Il y a toujours des dialogues à faires, une marge pour la discussion avec les acteurs politiques, économiques et sociaux.

 

Parmi les principaux obstacles à la mise en place de votre politique de redressement du pays figure le manque de financements. Comment comptez-vous venir à bout de ce problème ?

 

Il faut rappeler que plus de 85% du tissu des entreprises tunisien est constitué de PME et de PPE ;  c’est le cœur battant de notre économie. Effectivement ; nous nous rendons compte  que très peu de crédits vont à ces entreprises. Nous avons pris plusieurs dispositions pour consolider les fonds de capital risque ; travailler sur la micro-finance, travailler sur les banques des régions et les banques des PME ; structurer des crédits extérieurs destinés à la PME, demander aux banques d’êtres plus regardantes sur cette catégories d’entreprises et leurs accorder des avantages fiscaux ; et accélérer le renforcement de leurs fonds propres par le marché alternatif de la bourse de Tunis.

Quelles sont les perspectives qui s’offrent à la Tunisie en matière d’investissement, de résorption du chômage et de promotion des exportations à court et à moyen termes?

Aujourd’hui, nous n’avons pas le choix. La Tunisie a beaucoup de chômeurs dont une grande partie de diplômés. Nous avons fait une transition politique et nous avons pu la mener sereinement pour arriver à un gouvernement d’union nationale. Maintenant, nous sommes établis dans une démocratie naissante. C’est un acquis pour les Tunisiennes et les Tunisiens. Mais il faut réussir la phase économique. Et réussir la phase économique, c’est renouer avec la croissance.  La Tunisie a tout ce qu’il faut pour croitre à des rythmes beaucoup plus élevés, beaucoup plus inclusifs. Nous sommes très compétitifs, les plus compétitifs de la rive sud de la méditerranée. Il faudrait juste remettre le pays au travail.

L’économie tunisienne a-t-elle les moyens pour renouer durablement avec la croissance et le développement ?

 

A l’indépendance, la Tunisie n’avait pas beaucoup de moyens mais elle a pu accéder à un développement humain convenable grâce à de bonnes décisions du père fondateur de la Tunisie, le Président Bourguiba ; notamment dans l’Education, la santé et le planning familial. Toutes ces dispositions font de la Tunisie un pays qui a un bassin d’emploi très important, une technicité reconnue et qui sait commercer. Avant, on a cru à des taux de  5 et 6%. Mais, on s’est rendu compte que ce n’était pas assez inclusive et que cela ne touchait pas toutes les régions du pays.  Maintenant, on est capable de reprendre la croissance à des taux de 3% et 4% et d’une façon plus inclusive facilement. Je suis convaincu que nous en sommes très capables.

On peut donc dire que le gouvernement Chahed n’est plus ce qui se dit dans la rue, à savoir « un gouvernement de pompiers ».                                  

 

 

 

 

 

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